Projets artistiques 2026 « LE PEUPLE DE L’EAU II : Bêtes et Chimères des lacs et rivières »

Projets artistiques

Le thème 2026 est « Bêtes et Chimères des lacs et rivières »
9 artistes sont invités à créer une œuvre pour cette 29ème édition.
Les projets pédagogiques menés par certains d’entre-eux pendant cette année sont présentés en bas de cette page.

Valentine COTTE

Céramique, écailles en porcelaine émaillées et brodées sur tulle en nylon, environs 478 x 75 x 8 cm

 Traversée par l’esthétique médiévale, Valentine Cotte aborde avec poésie la résilience qui s’opère face à la violence et aux injustices. Les créatures moyenâgeuses lui permettent d’aborder les thèmes de la famille, la santé mentale, ou l’invisibilisation des minorisé·es dans l’histoire de l’art. Par des œuvres gravitant autour du thème du corps, de la blessure et de ses soins, l’artiste développe une réflexion sur la fragilité et la nécessité de « prendre soin », au contact de matériaux vulnérables. Des gestes empruntés à l’univers médical (masser, panser, lier) font naître un répertoire de formes hybrides allant du dessin à la sculpture en passant par la gravure et la performance.

Valentine Cotte choisit la crypte de l’église Saint Jean-Baptiste comme écrin pour sa sculpture spécialement créée pour l’occasion. L’œuvre installée à même le sol dans un lieu lui-même chargé d’histoire (la crypte datant de l’époque romaine) nous livre un dialogue où le fantastique se mêle à une réflexion autour de la notion de monstruosité.

L’artiste convoque la figure médiévale de Mélusine, présentée dans le roman de Jean d’Arras telle une femme serpent, en donnant forme à sa peau-mue composée de plusieurs centaines d’écailles-yeux en porcelaine.

Optant pour cette argile qui garde le plus la trace des gestes qu’on lui porte, terre de fragilité et empreinte de mémoire, l’artiste met en exergue la vulnérabilité de la femme dans sa condition duelle : elle répugne et fascine à la fois, elle est alors reléguée au rang de démone. Mélusine devient alors la figure de la femme émancipatrice et victime de ses regardeurs. Elle est l’image du corps sexisé dévoilé, fascinant et terrifiant à la fois au regard du patriarcat et qui n’a d’autre choix que de s’adapter à cette vision masculine pour survivre dans ce monde façonné par et pour les hommes.

Valentine Cotte a étudié la gravure à l’école Estienne (Paris) et la céramique à la HEAR(Strasbourg). Elle expose régulièrement à Paris et en Alsace, mais aussi à Bruxelles, Bâle et Taean. Ses œuvres ont intégré le fond de l’Artothèque de Strasbourg, d’Eleven Steens à Bruxelles et du FRAC Alsace de Sélestat. Elle est lauréate du prix Icart Artistik Rezo 2024. Elle vit et travaille à Strasbourg.

Théo JEAN

Déchets, papier, plexiglas, bois
160 x 75 x 30 cm

 Quelles créatures se cachent sous les bouteilles laissées à la mer ? Quel héritage laisserons-nous sur la terre, et dans l’eau ? Des poissons mutants ? Des mollusques carapacés sous une canette en aluminium ? Au milieu des grandes masses plastiques flottantes à la surface, la vie évolue et persiste.

Lorsqu’il n’était encore qu’un garçon, Théo Jean recopiait les blasons des boucliers, des armures et des châteaux-forts tirés des livres illustrant la vie au Moyen Âge. C’est ainsi qu’il s’évadait, dans un imaginaire romanesque et chevaleresque. C’est ce qu’il a reproduit pour la FEW. Il a dessiné des monstres aquatiques en s’inspirant des illustrations des mythes et légendes de cette période historique. Mêlant les récits de son enfance à celui de l’Anthropocène, l’artiste créé ainsi une nouvelle fiction hors du temps dont le visiteur peut se saisir pour inventer un futur plus poétique et peut-être moins pollué.

Bercé par les montagnes depuis sa plus tendre enfance, Théo Jean recrée des paysages à l’aide de divers matériaux glanés dans la rue ou dans la forêt. L’artiste a grandi à Grenoble, ville encerclée par trois massifs alpins qui ont été, et continuent d’être pour lui des présences réconfortantes. Enfant, il a passé une bonne partie de son temps dans les bois, à construire des cabanes dans les arbres.

Aujourd’hui, Théo continue sur cette lancée ne se limitant plus à la cabane, il reconstitue également tous les arbres qui l’entourent mais aussi les fleurs qui éclosent, les feuilles tombées par terre, les montagnes sur lesquelles tout cela pousse. Il reproduit les formes, les silhouettes et les structures du vivant pour en souligner sa richesse dans un souci écologique. L’artiste souhaite sensibiliser le public quant à la dualité entre artificiel et naturel, la protection de l’environnement, et évoquer ainsi les catastrophes en cours et à venir.

Lorsqu’il parle de son procédé artistique, l’artiste utilise le terme de « recette », que ce soit pour raconter la manière dont il revisite l’artisanat traditionnel du vitrail avec ses « vitraux plastiques » ou les différentes pâtes à papier ou carton utilisées pour d’autres réalisations.

Théo Jean est un jeune plasticien originaire de Grenoble, né en 1999. Formé à la HEAR (Strasbourg) où il intègre l’atelier bois, il en sort diplômé en 2025. Sa participation à la FEW s’inscrit au début d’un parcours prometteur.

Vidal BUSTAMANTE

Bouées d’ancrage et fil de coton, dimensions variables

L’artiste s’intéresse aux stratégies de résistance et de coexistence aux frontières, notamment à travers les manifestations de la foi et de l’espoir au cours des parcours migratoires, malgré les obstacles persistants rencontrés lors des démarches administratives et les trajets à risque.

L’œuvre s’inspire d’un mur flottant installé au Texas sous le mandat du gouverneur Greg Abbott. Équipé de scies tranchantes pour séparer le Mexique des États-Unis, sa forme, vue du ciel, évoque une chenille-serpent semblant reposer sur les eaux du fleuve.

Dans cette installation, ce “monstre xénophobe” se transforme en bracelet protecteur ou amulette monumentale conjurant les forces hostiles de la crise migratoire. Ce dispositif, qui peut sembler relever du mythe, existe pourtant et s’inscrit dans des réalités de violence quotidienne auxquelles de nombreuses personnes migrantes sont confrontées.

Né en 1995, Vidal Bustamante évolue entre le Mexique et la France depuis quelques années, ce qui l’a amené à étudier et enseigner les langues mais aussi à avoir un pied dans divers domaines puisqu’il a été traducteur et interprète pour Médecins sans frontières ou l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration. Il fut également animateur et coordinateur de projet pour le Ministère de la Culture au Mexique et après avoir étudié l’Histoire de l’art au Mexique, il est aujourd’hui médiateur culturel au Musée des Confluences à Lyon en parallèle de sa pratique artistique.

Juliette DEFRANCE

Sculptures jumelles en grès blanc, 50x32x12cm et 52x35x25cm

 Semant un flou volontaire entre son histoire personnelle, l’histoire de la littérature et celle des images, Juliette Defrance fait cohabiter photographies, vidéos, performances et sculptures en bronze, en verre ou encore en céramique au sein d’un univers sensible à l’esthétique viscérale convoquant dystopie et onirisme. Les pièces de la plasticienne sont conçues tel des dilemmes, des rencontres ou des contraintes qui s’imposent au spectateur.

Elles mettent en tension les thèmes du corps, du sexe et des représentations canoniques de l’altérité féminin/masculin, en employant les registres de l’absurde, de la fiction fantastique et parfois de l’enquête.

Pour l’artiste, l’eau enfante des chimères et cet état liquide l’entraîne à plonger le spectateur dans un récit fantastique peuplés de représentations monstrueuses afin de dévoiler certains des aspects les plus terrifiants de la condition de la maternité comme l’hypervigilance et l’anxiété.

Un nouveau-né se métamorphose en poisson, puis redevient nouveau-né, et la boucle se répète. Il faut donc veiller inlassablement cet enfant de peur qu’il se noie dans l’eau ou dans l’air. Le « monstre marin » de cette fable incarne le paradoxe entre le portrait social d’une maternité bienheureuse et la réalité parfois traumatique du vécu des jeunes mères.

Née en 1991, Juliette DEFRANCE a étudié à la HEAR (Strasbourg) entre 2014 et 2018 où elle se familiarise avec le matériau du verre entre autres, ainsi qu’à la ADBK de Munich (Akademie Der Bildenden Künste). L’artiste expose régulièrement à Paris, dans le Grand Est et en Allemagne.

Eva PELZER

Panneaux de bois peints, papier, dimensions variables

L’apocalypse annoncée est là ! La prophétie grenouillesque se réalise : nous allons être transformés en batraciens !  Si la buraliste devient crapaud, le garagiste grenouille, l’équipe de foot grenouilles, le maire crapaud, les écoliers têtards… il y aurait quelques aménagements à faire. Il nous faudrait de l’eau douce en quantité abondante pour satisfaire tout ce petit monde. Pour jouer aux survivalistes, il n’est plus question de construire un bunker mais de décroûter le béton et d’avoir des mouches à gober.

Au travers de son travail artistique, Eva PELZER s’intéresse à la culture populaire et au commun, à travers le réemploi de formes ou d’objets connus, détournés et recontextualisés. Nourrie par un goût pour les travaux manuels et par l’idée de transmission, elle crée avec des savoir-faire propres à l’artisanat, usant des matériaux de seconde main. Les techniques employées deviennent support de narration. Dans ses sculptures et installations, elle s’approprie les codes de la culture folklorique pour en faire une poésie absurde et décalée.

« Folkloriste, alchimiste, analogiste et idiote en quête, l’artiste Eva PELZER transmute les choses en chimères. Elle tisse un folklore grotesque et merveilleux, fait de reliques truquées et de rituels imaginés. Elle distille un nouveau langage surréaliste où chaque pièce est le fragment d’un conte inachevé. »
Extrait d’un texte de Fanny Van Opsal, 2025 (revue Immédiats)

Eva PELZER vit et travaille entre Terrefondrée (21) et Dijon où elle passe son diplôme à l’École des Beaux-Arts en 2020.

Etienne SIPP

Photographies imprimées sur forex, 140,5 x 99,5 cm

Photographe et vigneron à Ribeauvillé, Étienne Sipp pratique une photographie animalière patiente et immersive. Capable de rester à l’affût durant de longues heures, il s’imprègne du milieu naturel, observe, attend, jusqu’à surprendre un envol, un passage ou un saut. Cette approche exigeante repose sur la connaissance du vivant, la discrétion et le respect du monde qu’il capture. À travers ses images, Étienne Sipp cherche à faire découvrir, transmettre et, si possible, protéger. Un travail sensible qui provoque l’émotion et invite à porter un regard attentif sur la richesse et la fragilité des milieux aquatiques parfois méconnus et pourtant si proches de nous.

Etienne SIPP, originaire de Ribeauvillé, est un photographe animalier invité par Paul Patrice Vischel qui est à l’initiative des Promenades photographiques sur le Sentier du Rangen, à Thann et Vieux-Thann.

Vous pouvez compléter votre découverte du travail d’Etienne Sipp en allant visiter l’exposition photographique « Affûts » visible du 06 juin au 21 novembre 2026 sur les sentiers du Rangen de Thann à Vieux-Thann.

Bérengère PARIS

Installation textile

C’est une recherche autour de l’apparition des monstres.
Ça commence au bord
de l’eau.
Observer. Contempler.
Dans les reflets, les flux, les lignes, des formes apparaissent.
Je les dessine. Je les peins.
Elles deviennent des motifs.
Elles envahissent la surface, comme un pelage.
Puis elles passent au textile.
Les monstres naissent entre inconnu et familier.
Face à ce qui échappe, le regard associe, reconnaît, projette.
Des nageoires. Des fragments. Des silhouettes.
Au sol, l’installation devient paysage.
Des coussins comme des fragments de corps.
S’asseoir. S’allonger. Ralentir.
Un moment de pause.
Un entre-deux.
Entre chien et loup.
Entre éveil et sommeil.
Entre imaginaire et réalité.
C’est là que le contrôle vacille.
Que les formes se troublent.
Voir. Associer. Nommer.
C’est là qu’un monstre apparaît.

Née en 1986, Bérengère Paris a étudié la mode et le design textile à la HEAR de Mulhouse où elle vit et travaille actuellement. Graphiste textile et artiste intervenante, Bérengère Paris évolue entre création d’objets textiles, conception et animations d’ateliers à destination du jeune public et divers projets artistiques où se mêlent peinture, céramique, sérigraphie ou encore broderie. Elle expose régulièrement dans le Grand Est.

Mai TABAKIAN

Blason-code n°1 – Tortue – 2018 – 100 x 125 cm
Blason-code n°4 – Flamant rose – 2018 – 104 x 121 cm
Blason-code n°6 – Libellule – 2018 – 120 cm de diamètre
Blason-code n°8 – Hibou – 2018 – 100 x 125 cm
Blason-code n°9 – Pygargue ou aigle à tête blanche –100 x 125 cm
Textiles sur extrudé

Mai Tabakian s’empare ici du vocabulaire très codifié de l’Héraldique, née au Moyen-Âge, pour créer des blasons contemporains. Jouant sur le langage héraldique (partitions, associations, couleurs) et sur la symbolique qui le compose (formes, objets, animaux), elle en respecte les lois comme les métaux : Or (jaune) et Argent (blanc) toujours associés à un émail : Gueules (rouge) et Azur (bleu) tout en les conjuguant avec son propre langage plastique : variations de texture, hybridations de motifs géométriques, organiques ou végétaux…

Sur chaque écu, un QR Code remplace abstraitement la devise. En le flashant, le visiteur peut découvrir une phrase courte et concise, donnant sens au blason, que l’artiste rapproche d’un Haïku.

Parmi ces niveaux de lecture, celui du sens même du blason comme espace de reconnaissance interpelle l’artiste.  En effet, système de désignation des personnes mais aussi des lignées et des familles, celui-ci constitue un marqueur d’identité et d’appartenance. Dans son langage codé à forte composante analogique, le blason demande : « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? ». (Marie Deparis-Yafil)

Le Blason-code n° 9, a été spécialement créé pour la FEW 2026 et son lieu d’accueil Wattwiller. Le choix du Pygargue à tête blanche pour ce blason est un clin d’œil direct aux armoiries historiques du village qui représentent un aigle. Comme pour chaque blason-code, tout visiteur est invité à flasher le QR Code reproduit sur le blason avec son smartphone afin de découvrir sa devise résonnant avec le thème de l’eau.

Mai TABAKIAN, artiste franco-vietnamienne, vit et travaille à Paris et dans le Perche. Elle expose régulièrement son travail en France, Suisse, Belgique, Allemagne ainsi qu’aux Pays-Bas.

Léa KIEFFER

Jeans recyclés, matériaux organiques et objets trouvés aux abords des rivières et des lacs environnants

L’Antre de Méluzine est une installation immersive, refuge textile et grotte de récits liquides.

Les jeans sont ici une matière vivante : peau usée, mémoire portée, sédiment du quotidien. Ce textile n’est pas décor : il est milieu, une peau collective où circulent des récits, des traces, des présences invisibles en eaux douces.

L’œuvre a été co-construite avec les adhérents du GEM « La Source du Florival » de Guebwiller et la classe de CM1 de l’école de Bollwiller. Ensemble, des gestes de découpe, d’assemblage et de collecte ont fait émerger des créatures aquatiques imaginaires, venues habiter l’Antre comme des formes cousues dans les plis du monde.

Le travail de Léa Kieffer dialogue avec imagination et matérialité, entremêlant danse, pratiques somatiques, récits fictionnels et artisanat. Fascinée par les corps, les objets et les textiles, elle en sonde la matérialité avec minutie, cherchant à dévoiler l’invisible, à provoquer l’absurde et à invoquer la magie. La plasticienne façonne un univers hybride où les frontières entre réalité et illusion s’estompent, offrant une expérience sensorielle singulière et immersive, teintée d’une esthétique cinématographique et d’un humour espiègle. Son approche est totale : elle s’engage dans des projets où l’art et la vie quotidienne se confondent, où la création devient un espace de jeu, de recherche et de performance simultanés, favorisant la rencontre et l’expérimentation collective.

Depuis 2020, l’artiste explore des univers aquatico-cosmiques fantasmagoriques à travers des événements interactifs, des objets, des costumes et des performances dont MELUZINE the cosmic mermaid, MERMIX (jeune public) et RADIO WHALES, créé avec Timothée Nay. Ces créations intègrent régulièrement ses sessions de Sci-Fi Anatomy (SFA), une pratique immersive mêlant somatique, narration et exploration sonore qu’elle développe depuis 2017.

Léa Kieffer, plasticienne française, s’est récemment installée en Alsace après avoir vécu à Berlin. Danseuse performeuse, chorégraphe, créatrice de costumes et d’espaces pour la scène, elle explore les porosités entre disciplines, matières et idées, cultivant un art de la rencontre et de l’improvisation. Formée à la couture et aux arts visuels en autodidacte, elle commence à danser au lycée et suit une double licence STAPS et Arts du Spectacle à Strasbourg (2004-2007) avant de se former à la danse et à la performance à TIP Bewegungs-Art Freiburg (2008-2010) et à Smash Berlin (2013).

Projets pédagogiques

Bérengère PARIS Avec les classes de CP et CE1 de Burnhaupt Le Haut

Textiles, broderie, flocage, impression textile par réserves 

Bérengère Paris, designer textile, a proposé un projet autour des peuples des rivières. Les élèves ont été invités à observer la surface de l’étang proche de l’école pour y repérer des paréidolies et collecter des formes issues des reflets et des objets flottants. Ces formes se sont alors transformées en créatures imaginaires enrichies d’éléments fantastiques et de motifs inspirés du mouvement de l’eau. Transposées sur textile par la broderie, le flocage et l’impression, elles ont donné naissance à des coussins réunis pour créer un espace de repos, propice à la rêverie, où les monstres deviennent des figures protectrices et familières.

Née en 1986, Bérengère Paris a étudié la mode et le design textile à la HEAR de Mulhouse où elle vit et travaille actuellement. Graphiste textile et artiste intervenante, Bérengère Paris évolue entre création d’objets textiles, conception et animations d’ateliers à destination du jeune public et divers projets artistiques où se mêlent peinture, céramique, sérigraphie ou encore broderie. Elle expose régulièrement dans le Grand Est.

L’artiste pluridisciplinaire puise ses inspirations dans le monde de l’enfance (souvenirs, peurs et joies d’enfants constituent un socle coloré, naïf, poétique et parfois étrange qui enthousiasme la créatrice) ainsi que dans l’histoire régionale et mondiale de l’imprimé et des techniques textiles artisanales.

Théo Jean Avec l’équipe des Watt tous en Forme et Les Sourcinelles, périscolaire de Wattwiller

Déchets plastiques et papier

Les participants ont réalisé des vitraux à partir de matériaux recyclés tels que les sachets plastiques ou divers emballages papier issus des déchets provenant de leurs propres foyers. Ces ateliers ont été des moments de partage de pratique mais aussi de théorie où leur ont été présentés des œuvres d’art réalisées avec des matériaux de réemploi aussi bien que des vitraux traditionnels. Projet artistique visant à développer la créativité, ce fût aussi l’occasion pour le jeune artiste Théo Jean de les initier au « low-tech », tout en sensibilisant à la revalorisation des déchets, à l’environnement et à l’art contemporain comme moyen de se réapproprier l’artisanat.

Théo Jean est un jeune artiste diplômé de la HEAR en 2025. À partir de collecte de déchets, il compose des paysages imaginaires en image, sculpture ou installation. Il redonne une existence à des matériaux délaissés, laissant place à l’émerveillement. Sa démarche affiche une volonté naïve de changer le monde. À travers ses œuvres, il questionne notre rapport à l’environnement, la dualité entre l’artificiel et le naturel et évoque les catastrophes en cours et à venir. Il montre à la fois l’espoir et le drame présents dans ces dernières, et bien sûr, l’urgence d’agir.

Léa Kieffer Avec la classe de CM1/CM2 de l’école de Bollwiller et les adhérents du GEM « La Source du Florival » de Guebwiller

Jeans recyclés, matériaux organiques et objets trouvés aux abords des rivières et des lacs environnants

L’artiste Léa Kieffer propose une sculpture textile intitulée « L’Antre de Meluzine » à l’occasion du parcours d’art contemporain de la FEW26 et invite les élèves de Bollwiller ainsi que les adhérents du GEM de Guebwiller à y participer. À partir de jeans upcyclés, ils sont invités à concevoir des éléments représentant des créatures aquatiques qui font partie intégrante de l’installation en denim. Parallèlement, ils explorent la danse contemporaine inspirée par les mouvements de l’eau. Projet transdisciplinaire, cette aventure combine arts visuels, arts du spectacle et écologie, sensibilisant à la pollution et à la surproduction textile, tout en favorisant créativité, expression corporelle et engagement collectif autour d’une œuvre commune.

Tout au long du festival, l’installation est activée par des performances de Léa Kieffer, avec les membres du GEM de Guebwiller, la classe de CM1 de Bollwiller et les artistes Timothée Nay et Jamika Ajalon.

7 JUIN – 15h00 – Ouverture de L’Antre de Méluzine

Déambulation performée avec les élèves de Bollwiller (classe d’Anne Grenier) de la place des Tilleuls jusqu’à L’Antre. Les créatures fabriquées en atelier y sont déposées et viennent peupler l’installation.

13 JUIN – 15h00 à 17h00 – TAXI AQUATIQUE

Visite guidée performée par Léa Kieffer et Timothée Nay à bord d’un sous-marin sur roues fait de jeans. On n’y circule pas, on ondule. Traversée des œuvres dans un univers parallèle où les repères se liquéfient.

13 JUIN – 20h00 – RADIO WHALES

Léa Kieffer, Timothée Nay avec Jamika Ajalon. Concert dansé et bal électro qui fait voyager à dos de baleines d’eau douce et frétiller les nageoires. Et si nos fleuves et rivières avaient toujours été peuplés de mammifères marins ? Et si ces baleines sortaient le soir pour rejoindre les bals des humains ? Une plongée en eaux troubles, dans un univers aquatique parallèle, poétique et humoristique, où règnent les baleines d’eau douce.

21 JUIN – 15h00 – Départ / démontage performé

Méluzine prend le large. Elle se démultiplie, se disperse et s’infiltre dans les fontaines et les rivières du village, portée par le courant vers de nouvelles aventures. Dans ce dernier geste collectif avec la participation des adhérents du GEM de Guebwiller, L’Antre se transforme et se défait en mouvement. Les présences se recomposent, les traces se déposent et se déplacent, et l’histoire se prolonge ailleurs — dans les paysages, et peut-être déjà dans les corps.

Marina Krüger Avec la 3ème du Collège de Rouffach et la 3ème du collège des Hautes Vignes de Seloncourt

Linogravures

Les entrelacs sont des motifs ornementaux traditionnels qui exercent une sorte de fascination par leur symétrie et leur boucle sans début ni fin. Il existe un lien étroit entre les formes graphiques de l’artisanat et les créatures imaginaires des mythes : ils se construisent l’un par rapport à l’autre. Les collégiens ont exploré le langage graphique de l’ornementation pour réinventer des chimères. Ces créatures, en prenant la forme de linogravures, font écho au patrimoine graphique local, territoire dans lequel elles prennent vie.

En s’inspirant de créatures légendaires et de techniques artisanales pour construire des chimères, les élèves ont été amenés à s’interroger sur la proximité entre réalité et fabulation, et sur les manières dont ces deux concepts peuvent coexister.

Les collégiens ont exploré l’ornement graphique des entrelacs mais aussi les espèces lacustres et autres bêtes étranges, réelles ou imaginaires que l’on trouve dans les rivières et les étangs. C’est à partir de ces recherches que les jeunes ont réalisé des linogravures où leurs propres chimères s’entrecroisent et s’enchevêtrent.

Marina Krüger, plasticienne (diplômée de la HEAR-Mulhouse en 2007 et 2009), vit et travaille dans le Grand Est (FR). Active sur la scène régionale depuis quelques années, elle évolue entre sa création personnelle, des missions de médiation culturelle diverses et beaucoup d’interventions en milieux scolaire et social. Ses travaux sont exposés en France et à l’étranger. Depuis 2022, l’artiste est chargée de la direction artistique du Festival d’art contemporain de la FEW.

Vidal Bustamante Avec la classe 3ème prépa Métier du Lycée de Wittelsheim

Guirlandes et amulettes

À Lyon, un vieux rituel carnavalesque mettait en scène la Mâchecroute, un dragon des crues du Rhône, qu’on brûlait ou jetait à l’eau pour conjurer les inondations. Au Mexique, certaines communautés indigènes enfoncent symboliquement des couteaux dans le sol pour « couper le serpent », un geste rituel destiné à faire cesser la pluie menaçant une fête importante en extérieur. Ces pratiques montrent comment les peuples associent des objets ou des gestes symboliques aux éléments naturels, pour apaiser ce qu’ils ne peuvent contrôler.

Dans ce projet, l’artiste Vidal Bustamante a incité les élèves à inventer des gestes ou des symboles de protection inspirés de leur propre contexte culturel. Ils ont exploré les notions de protection à travers la fabrication d’amulettes et ont découvert « el papel picado », une technique artisanale traditionnelle du Mexique qui consiste à découper du papier de soie pour en faire des guirlandes.

Les collégiens ont créé leurs propres objets protecteurs, tout en assimilant pourquoi et comment les humains, depuis toujours, fabriquent des talismans pour se rassurer face à l’inconnu. Ce fût l’occasion d’aborder des thèmes comme les croyances et la peur à partir d’objets qui portent souvent les traces des territoires et des histoires dont ils sont issus.

Vidal Bustamante est un jeune plasticien d’origine mexicaine. Il explore les limites et questionne les usages des techniques artisanales comme celle du « papel picado » (technique artisanale traditionnelle mexicaine de découpe de papier). La question de l’identité est au centre de ses recherches plastiques, l’artiste s’intéresse à l’influence des documents administratifs officiels sur sa propre construction identitaire au travers de son parcours migratoire. Une approche qui lui permet de relier une technique artisanale et traditionnelle à des enjeux contemporains afin de questionner l’image imprimée.

Né en 1995, Vidal Bustamante évolue entre le Mexique et la France depuis quelques années, ce qui l’a amené à étudier et enseigner les langues mais aussi à avoir un pied dans divers domaines puisqu’il a été traducteur et interprète pour Médecins sans frontières ou l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration. Il fut également animateur et coordinateur de projet pour le Ministère de la Culture au Mexique et après avoir étudié l’Histoire de l’art au Mexique, il est aujourd’hui médiateur culturel au Musée des Confluences à Lyon.